Préparation des coquilles lutétiennes des environs de Damery, France

Publié le par Phil Fossil

 
La très jolie faune de mollusques découverte dans la Marne présente très bien en collection, néanmoins sa préparation, si elle n’est pas très laborieuse, nécessite d’être très méticuleux et fort patient.
 
Si les spécimens découverts isolés dans les vignes ou sur les champs ne nécessitent généralement que peu ou pas de préparation (à part un brossage sous l’eau), les pièces découvertes en place ou dans des blocs éboulés doivent être dégagées.
 
Il est fortement recommandé de laisser les coquilles sur un bloc de gangue, et de ne pas vider les mollusques fragiles, le sédiment va en effet les renforcer.
 
Lors du retour à la maison, s’attaquer dès que possible au dégagement, de préférence quand les blocs sont encore humides car ils sont plus faciles à préparer, même si les coquillages sont plus fragiles.
 
Ne jamais attaquer les fossiles avec des outils en métal, qui risquent de les griffer. L’outillage idéal est constitué de cure-dents en bois, ou encore mieux de « piques » à brochettes en bois éventuellement gardées précieusement après un barbecue, en acheter de nouvelles ne se justifie pas sauf si une quantité importante est indispensable.
 
Le bois n’abîme pas la calcite des coquilles, mais il convient de ne pas attaquer directement les pointes des gastéropodes ou bivalves très « ornés » car leur fragilité est importante.
 
Une ou plusieurs brosses en chiendent de duretés variables permettent d’enlever le sable entre chaque « attaque » aux pointes de bois et après la préparation.
 
Quand la pointe de bois s’émousse trop, prévoir un bloc de pierre rugueux ou du papier émeri pour la « ré-affûter ». Cela permet de l’utiliser le plus longtemps possible.
 
Quand le bloc contenant le ou les fossiles est convenablement préparé, on peut nettoyer légèrement à l’eau les coquilles qui affleurent et ensuite le placer dans une caisse plate renforcée de vieux journaux pour séchage pendant une durée qui varie, en fonction de sa taille, de quelques jours à quelques semaines au grand maximum.
 
Lorsque l’on dispose d’un nombre suffisant de blocs préparés et complètement secs, la deuxième phase de la préparation peut être envisagée.
 
Le sédiment, même s’il est relativement résistant, est localement friable ce qui entraîne une perte de sable en collection ou en vitrine. Une consolidation par encollage s’avère donc indispensable.
 
Pour ce faire, dans un petit seau possédant son couvercle, diluer de la colle à bois (soluble à l’eau, naturellement) dans de l’eau à raison de 20 à 30 pourcents de colle en volume.
 
Bien mélanger à la cuillère avant chaque séance d’encollage, et dès que le mélange a acquis une homogénéité suffisante et ressemble à du lait, on peut procéder à la consolidation.
 
Pour les petits blocs, un trempage dans le « lait de colle » est effectué jusqu’à ce que plus aucune bulle d’air ne s’échappe du spécimen, on le sort et on l’égoutte au maximum en vérifiant bien qu’aucune goutte de lait de colle ne reste ni sur la gangue, ni sur les fossiles. On place ensuite le bloc, du côté ne contenant pas de fossile, sur une feuille de plastique incolore qui n’attachera pas au contraire du papier qu’il faut éviter comme la peste en ce domaine.
 
Les blocs plus importants peuvent être préparés bout par bout, soit en en trempant une partie, soit en déversant doucement du « lait de colle » à la cuillère. Quand le bloc n’absorbe plus de « lait » à un endroit, on passe au suivant, quand toute la partie du bloc que l’on désire traiter est faite on arrête et on place le bloc pour séchage. Les gros blocs peuvent être traités en plusieurs fois, souvent sous la forme de « bandes » parallèles. 
 
Les blocs doivent être mis à sécher dans un environnement pauvre en poussières, afin de ne pas avoir d’impuretés indésirables qui viennent se coller aux spécimens avant qu’ils ne soient parfaitement secs !
 
Quand les blocs sont bien secs, si du sable se détache encore, répéter l’opération d’encollage de une à trois fois en fonction du degré de fragilité du bloc à l’origine.
 
Si l’on n’exagère pas trop le nombre de collages ni la quantité de colle, et que l’on a bien éliminé les gouttes de lait de colle avant le séchage, le bloc une fois préparé n’acquerra pas de brillance ni de coloration parasite par rapport à son aspect original.
 
Il pourra être présenté en vitrine ou stocké dans une boite de transport sans risque de perte de matière ni de fragilité excessive.
 
Cette méthode peut être utilisée pour des fossiles de nombreuses autres provenances où le sédiment est friable, et entre autres :
 
-         Albien de Strépy-Thieu, Belgique
-         Maastrichtien inférieur et Danien de Ciply, Belgique
-         Maastrichtien supérieur de Maastricht, Hollande
-         Eocène (Lédien) à Nautiles de Meldert, Belgique
-         Miocène de Bordeaux et des faluns de Touraine, France
-         Pliocène inférieur et supérieur de Kallo, Belgique
 
Pour la détermination des fossiles du Lutétien, il est possible d’utiliser l’excellent site web ci-après :
 
Bon amusement !
 
Phil « Fossil »
 
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Publié dans Le coin des débutants

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M
<br /> Bonjour, je viens de trouver votre article, très intéressant !<br /> <br /> <br /> Je vais m'attarder sur un gros bloc de Strepy' , avec des gastéros en surface.<br /> <br /> <br /> Cordialement !<br /> <br /> <br /> Maxime H.<br />
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P
<br /> <br /> Salut Phil , <br /> <br /> <br /> Pour ma part , je me suis constitué une collection de fossiles du lutétien de Villiers St Frédéric ( région Parisienne ) . A la différence de Damery , je n'ai trouvé que peut de bloc et lorsque<br /> cela était le cas , ces blocs étaient constitués d'un sable aggloméré qu'il est très facile de retirer sur et autour des coquilles emprisonnées , à l'aide d'un petit pinceau à poils courts .<br /> <br /> <br /> Concernant les coquilles seules ( gastéropodes ) , je les ai nettoyées avec une brosse à dents . Celle-ci me permettait de retirer tous les grains de sable collés sur l'extérieur dans un premier<br /> temps . Ce passage sur l'extérieur de la coquille amorcait le nettoyage interne en créant de légéres vibrations qui décollaient les grains de sables les uns des autres . Pour terminer ce<br /> nettoyage interne , un léger tapotement sur la coquille avec le dos de la brosse à dents achevait de faire sortir le sable résiduel . C'est à ce moment que de nouvelles découvertes étaient<br /> possibles . En effet dans ce sable , bon nombre de fossiles de petite taille ( voire de micro fossiles ) , ont été sortis .<br /> <br /> <br /> Attention , ceci n'a été possible , que parce que la sable n'était pas solidifié à l'intérieur des coquilles .  <br /> <br /> <br /> Nota : c'est en essayant et en faisant ( des fois avec de mauvais résultats et/ou des catastrophes ) que l'on met au point des méthodes .  <br /> <br /> <br /> <br />
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