Quelques souvenirs déplaisants de fouilles !
Les fouilles ne sont pas exclusivement le théâtre d’anecdotes plaisantes, il est en effet des situations où l’on se dit que l’on serait mieux ailleurs…
J’avais, de concert avec un collègue de l’époque, décidé de passer une superbe journée de septembre au Cap Blanc-Nez, nous nous étions garés au parking du Cran d’Escalles et avions marché sur la plage à toute vitesse pour arriver à Strouanne et repartir dans l’autre sens, histoire d’échantillonner les couches fossilifères à notre aise.
Un peu trop à notre aise apparemment, et sans trop surveiller la marée montante, puisqu’en passant au niveau du Petit Blanc-Nez je me retrouvai avec de l’eau jusqu’aux genoux, les vagues me plaquant contre la falaise verticale et me mouillant jusqu’au dessus de la taille.
Quelques dizaines de minutes plus tard je ne serais jamais arrivé à passer, ce fut tout tout juste, et je vis arriver le parking avec un soulagement manifeste !
Quand je visitais le Blanc-Nez pour une journée je n’emmenais jamais de vêtements de rechange, or cette fois là j’en avais pris… Prémonition ou hasard ?
Lors d’une sortie du CMPB dans la région de Maastricht nous visitions par un temps plus qu’exécrable la crayère de Lixhe.
La pluie battante continuelle avait l’avantage de bien dégager les oursins, j’en avais déjà ramassé mon content. Je prospectais les éboulis au bas du front de taille quand je sentis qu’ils s’enfonçaient sous mes pas et décidai de revenir sur le « plateau » plus sûr pour avancer.
J’avais à peine fait une dizaine de mètres, que dans un bruit infernal plusieurs tonnes de blocs dévalèrent la pente en dessous de laquelle je n’étais pas passé ! Quand j’y réfléchis par la suite, je me rendis compte que si j’avais continué de marcher au bas de ce talus, j’aurais affaibli la pente et tout me serait tombé dessus sans crier gare…
Une visite à la sablière d’Oosterzele était habituellement payante, mais cette fois en particulier les découvertes étaient vraiment à la hauteur ! A ce moment là, je fus pris d’une euphorie particulièrement dangereuse, étant obnubilé par les fouilles et grattant la couche comme un forcené, un bloc de pierre, heureusement ni très gros ni très lourd, se détacha du banc de grès surplombant la couche et me heurta le crâne.
J’en étais quitte pour une douleur très raisonnable, ce bloc eut l’intérêt de me remettre les « idées en place » et de me rendre beaucoup plus prudent par la suite et lors des visites ultérieures.
Mon ami Willy n’eut malheureusement pas cette chance, quelques temps plus tard il se rendit seul dans la même sablière (1ère erreur !) utilisa du matériel inadapté (2ème erreur), passa la tête sous un surplomb sableux (3ème erreur) et décéda suite à un éboulement important de la falaise de sable…
Si vous aussi avez affronté des situations déplaisantes lors de vos recherches, merci de nous les faire partager dans un petit commentaire.
Phil « Fossil »
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