Le processus de désagrégation des roches, destructeur de fossiles
L’argument « massue » des protectionnistes, laisser les fossiles et les minéraux en place pour les générations futures, n’a pas de sens, et ce même sur un site soi-disant protégé.
En effet, la nature, par le biais de l’érosion et de l’altération, est le plus grand vandale !
Les principales causes de la désagrégation des roches sont les suivantes :
Chocs thermiques : la différence de température constatée entre le jour et la nuit cause à moyen ou à long terme la fragmentation de la plupart des roches et de leur contenu.
Gel-dégel : En faisant gonfler l’eau contenue dans la roche, le gel a un effet de « coin » sur cette dernière. Le dégel est le moment où se produisent les plus grands éboulements de falaises crayeuses.
Minéraux inclus : Certains minéraux, comme le gypse, la pyrite et le sel ont au contact de l’eau un effet de gonflement qui fait éclater les roches et peut provoquer une solifluxion. (glissement)
Vagues, rivières : L’érosion très agressive, par la projection et le frottement des galets sur les couches en place entraîne le rabotage des objets contenus ce qui aboutit à leur destruction rapide.
L’eau de mer : par le sel qui y est contenu, attaque sans rémission les fossiles pyriteux et les pyrites ou marcasites affleurant sur les platiers. Le sel peut également, en cristallisant, désagréger les roches et les fossiles provenant de platiers ou de fonds marins lors de leur séchage si les pièces n’ont pas été correctement dessalées !
Pluies : Généralement riche en acides dus à la pollution atmosphérique, elle dissout les carbonates et d’autres minéraux constitutifs des fossiles, elle oxyde la pyrite en limonite.
Racines de végétaux, Lichens, Algues : ils altèrent et dissolvent les roches en contact, ainsi que les fossiles et les minéraux affleurants.
Acide humique : Incluse dans l’eau percolant dans la terre végétale, dissout de nombreuses roches sous-jacentes et altère leur contenu.
Activités des animaux : Par chocs, bioturbation et frottement répété. Les sangliers et cervidés dans les bois ont un effet non négligeable. Les pholades et éponges Cliona creusent des galeries dans les roches et coquilles qui détruisent également les fossiles des platiers et fonds marins.
Examinons maintenant comment les roches se désagrègent, et dans la foulée ce qu’il advient des fossiles qui y sont contenus.
Sables
Déjà dissociés au départ, ils peuvent néanmoins perdre par dissolution leur contenu en calcaire ainsi que les fossiles calcareux qui y sont contenus par percolation d’eau riche en acides. Les restes de vertébrés éclatent en esquilles ou se dissolvent, ils sont également sensibles au contact des racines de végétaux qui les décolorent et les fragilisent.
Argiles, Marnes
Les chocs thermiques et les eaux courantes délitent les argiles, générant des « bad-lands ». Les fossiles sont naturellement dégagés, étant essentiellement pyriteux ils s’altèrent très vite par la faute des pluies acides.
Craies
Très sensibles à la dissolution comme aux chocs thermiques et au gel, les craies voient très souvent les fossiles calciteux qui y sont contenus, par exemple les oursins, littéralement « exploser » s’ils ne sont pas intérieurement renforcés par du silex.
Schistes
Sensibles aux chocs thermiques et au gel, ils se délitent facilement en petites esquilles, les fossiles (brachiopodes essentiellement) quant à eux peuvent rapidement perdre leur fragile coquille calcitique, à la longue le moule interne restant devient terreux et se dissout assez vite.
Calcaires
Ces roches sont plus résistantes aux chocs thermiques, mais les acides les dissolvent à plus ou moins longue échéance, laissant des argiles et une concentration de fossiles en calcite moins solubles. Voir « Argiles »
Grès
Le grès à ciment calcitique est sensible aux acides, qui l’altèrent en sable. Les fossiles des grès ayant généralement perdu leur coquille, ils disparaissent bien évidemment dans le courant de ce processus. Voir « Sables ».
Donc, n’oubliez jamais :
Fossile ramassé, fossile sauvegardé !
Phil « Fossil »
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