La préparation des fossiles de la Craie

Publié le par Phil Fossil

 
Les sédiments crayeux de la fin du Crétacé sont un petit peu les « chouchous » des paléontologues amateurs, en effet leurs fossiles sont à la fois préservés de manière excellente, et dans leur majorité faciles à préparer de surcroit.
 
Le sédiment crayeux est généralement tendre, mais l’existence de « hard grounds », bancs durcis en français, fait que la préparation n’est pas toujours aussi facile qu’il n’y parait.
 
Le dégagement de ces fossiles est affaire de temps et de patience, à moins que vous ne disposiez d’une sableuse.
 
Certains de ces fossiles peuvent également être encroûtés à des degrés divers par des concrétions de silex, dans ce cas il n’y a pas grand-chose à faire à part réduire les concrétions de petite taille au percuteur pneumatique.
 
La trousse à outils se compose d’un couteau, d’une scie de jardin, de crochets de dentiste, de piques en bois, de gommes d’architectes et de brosses en chiendent de duretés variables, les bancs plus indurés peuvent également requérir l’utilisation précautionneuse de brosses en fer sous l’eau.
 
Les gommes d’architecte se présentent sous la forme d’un semblant de « porte-mine » contenant, non une mine en graphite, mais un faisceau de fibres de verre. Une simple pression sur le bouton permet de faire avancer le faisceau de fibres quand il s’use.
 
Le dégagement se fait tout d’abord en érodant progressivement la gangue, les outils en métal ne doivent être, sauf exceptions, utilisés que loin du ou des fossiles, dès que l’on approche de ces derniers il faut passer aux pointes en bois qui ne griffent pas la calcite.
 
La finition peut se faire à la gomme d’architecte, dont les fines fibres de verre nettoient les dernières particules de craie qui résisteraient aux brosses en chiendent.
 
Les bienheureux possesseurs d’une sableuse peuvent travailler nettement plus vite, et plus facilement, mais la pression d’air doit être minimale (1 à 2 bars au maximum) afin de ne pas risquer de traverser les tests fins et fragiles des fossiles.
 
Les fossiles se présentant sous la forme de moules internes crayeux ne peuvent pas être dégagés de ces manières, étant donné qu’il n’y a aucune différence de dureté entre la gangue et le fossile. Pour ces pièces, il n’y a pas de solution miracle, il faut faire sauter la gangue petit bout par petit bout, en espérant qu’elle se détache autour du fossile et non en plein milieu de ce dernier…
 
Quand les fossiles sont convenablement exposés, l’on peut achever de réduire le bloc à l’aide du couteau ou de la scie de jardin.
 
Les fossiles fragiles, comme les pinces de crustacés contenus dans le tuffeau du Maastrichtien supérieur du Limbourg belge et hollandais, doivent être préparés très soigneusement grâce à des pointes en bois ou en plastique exclusivement, l’érosion du sédiment doit être très lente et progressive ce qui n’empêche pas toujours les accidents…
 
Quand la pièce est complètement préparée, elle peut être renforcée par trempage(s) dans la colle à bois diluée. C’est indispensable pour les spécimens fragiles du tuffeau maastrichtien.
 
Bonne préparation !
 
Phil « Fossil »
 
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Publié dans Le coin des débutants

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M
A moi aussi, cela pourra me servir. En Touraine, stratotype du Turonien, nous avons du tuffeau.Merci !A plus.Meggie
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F
Bonsoir Phil,Merci pour cet exposé qui me sera fort utile.....@mitiés,Christiane
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