INDAVER et les requins fossiles d’Anvers : une longue histoire

Publié le par Phil Fossil

 
 
Au tout début de mes prospections dans la zone portuaire anversoise, il y a une douzaine d’années de cela, je tombai un jour sur des chantiers en cours sur le grand terrain dépendant de l’incinérateur d’ordures de la firme INDAVER à Doel.
 
J’étais parvenu assez rapidement à obtenir l’autorisation « à l’année » de prospecter cette grande propriété, et une partie non négligeable de mes grosses pièces provient de là.
 
Dents de requins et de raies, vertèbres de dauphins et de baleines, ossements et coquilles diverses se ramassaient très facilement.
 
A cette époque bénie, une partie minime de l’espace clôturé était recouvert de constructions, le reste laissait affleurer un peu partout du gravier de base des « Sables de Kattendijk ».
 
Un immense lac artificiel occupait une partie non négligeable du terrain, les bords montraient quasiment partout de la couche à dents et les vents dominants engendraient des vagues qui nettoyaient impeccablement les fossiles et les cailloux en évacuant le sable et l’argile.
 
Une promenade d’une heure ou deux le long des berges permettait, sans fatigue excessive, le ramassage d’un à deux kilos de dents bien propres. Pas mal de dizaines de journées furent consacrées sur plusieurs années à éplucher systématiquement ce site, permettant la sauvegarde d’une quantité importante de matériel fossile avant que le lac ne soit remblayé par du sable provenant d’autres travaux.
 
Par la suite, une plaine de sable accessible proche de l’incinérateur montra, à la sortie des terriers de lapins, des cailloux noirs typiques et des dents, indiquant où il fallait creuser. Il suffisait généralement d’enlever quelques dizaines de centimètres de sable tendre pour arriver sur une couche d’une grande richesse et parfois épaisse de près d’un mètre !
 
Elle fut également exploitée de manière systématique, pendant une bonne cinquantaine de journées, et délivra du matériel ichthyologique souvent en bon état. Nous avions la possibilité, étant, à l’origine, les seuls à connaître l’endroit, de reboucher proprement nos trous en fin de journée et de continuer la couche à notre visite suivante.
 
Malheureusement, les collectionneurs hollandais arrivèrent, peu nombreux au départ puis par plusieurs dizaines ensuite, parfois avec de gros moyens (remorques, tamis mécaniques) rendant toute exploitation systématique du site impossible ! Ils rejetaient leurs déblais sur la bonne couche, l’enterrant sous des tonnes de sable, laissaient le terrain sans reboucher leurs trous, cette plaine sableuse devint rapidement aussi parsemée de « cratères » que la surface lunaire !
 
Quand certains gardes de la zone portuaire vinrent régulièrement pour éjecter les fouilleurs, et surtout au moment où INDAVER se décida à clôturer le terrain, les recherches dans les environs cessèrent, malgré les couches graveleuses plus profondément enterrées qui devaient sans doute encore être disponibles… Ce terrain est actuellement non seulement clôturé, mais recouvert de hangars.
 
Aaaah, c’était vraiment le bon temps ! Merci encore à INDAVER pour tous ces fossiles !!!
 
Nostalgiquement vôtre.
 
Phil « Fossil »
 
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Publié dans Billets d'humeur

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P
Eh oui, c'était vraiment génial cette époque !Amitiés.Phil "Fossil"
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M
Salut Phil,Je suppose que par "grosses pièces" tu entends des megalodon ?Aaaah les megalodon en se promenant, quel pied géant !@ plus.Meggie
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P
 Hello cher Dino,C'est vrai que nous ne les portons pas tous les jours dans nos coeurs de paléontologues raisonnables... Mais ils semblent être un mal nécessaire.N'empêche, j'en connais qui seraient contents de voir le réchauffement de la planète porter ses fruits !Bonne semaine !Phil "Fossil" 
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D
A bas les Zoolandais !!!! 
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