Les méso-fossiles, qu’est-ce que c’est ?

Publié le par Phil Fossil

 
 
Echantillonnage récupéré d’une douzaine de poignées de gravier de base du « Tuffeau de Ciply », Belgique. Gastéropodes, bivalves, brachiopodes, bryozoaires, fragments d’oursins, dents de squales. Plus grande dimension 1,2 centimètre.
 
 
Les amateurs ne s’occupent généralement que des macro-fossiles, c.-à-d. les fossiles visibles à l’œil nu, les microfossiles de taille inférieure au millimètre, quant à eux, sont plutôt de la compétence des chercheurs et universitaires.
 
Mais il existe également toute une faune intéressante de méso-fossiles, autrement dit les pièces de dimension inférieure au centimètre et supérieure au millimètre.
 
A part dans les cas les plus favorables où ces spécimens peuvent être échantillonnés facilement par tamisage, il est nécessaire de fragmenter la roche et de la traiter avant de pouvoir récupérer les pièces qui y sont contenues.
 
Ces sédiments favorables sont, parmi d’autres, les « Sables d’Orp » paléocènes, les « Sables de Lede » éocènes, les « Sables de Kattendijk » pliocènes, les « Sables d’Anvers » miocènes, mais aussi la craie cénomanienne du Cap Blanc-Nez et de Dannes, le « Tuffeau de Ciply » danien et le « Tuffeau de Maastricht » maastrichtien, du moins là où les intempéries et les chocs thermiques, ainsi que les eaux de percolation chargées en acides, les ont délités en « sable » calcareux riche en fossiles de petite taille.
 
On peut également citer les poches de dissolution dans les calcaires dévoniens et carbonifères, où bien souvent seuls l’argile et les fossiles ont été préservés.
 
Pour les autres sédiments plus cohérents, il est nécessaire de les déliter manuellement, en utilisant une combinaison de moyens mécaniques et chimiques.
 
Les marnes et argiles collantes peuvent être délitées grâce à la potasse caustique, par la méthode du pétrole lampant et eau, ou grâce à des tensio-actifs du genre des détergents. L’argile peut être complètement séchée, puis cassée en petits morceaux, pétrie soigneusement dans l’eau pour former une boue, et enfin tamisée à l’eau sur de très fines mailles.
 
Les craies et tuffeaux peuvent être broyés mécaniquement (un rouleau à tarte en bois fait parfaitement l’affaire) puis subir une attaque à l’aide d’acides très dilués qui vont dissoudre la craie en respectant la calcite ou le phosphate des fossiles.
 
L’usage d’une cuve à ultra-sons peut également accélérer le délitage du sédiment dans ces deux cas.
 
Le résidu de ces opérations est ensuite neutralisé chimiquement, puis tamisé à l’eau (neutre) sur de très fines mailles, moins d’un millimètre dans l’idéal.
 
Il sera enfin étalé pour séchage, puis examiné soigneusement à l’aide d‘une loupe de grossissement 10x au maximum. Prévoir une pincette du genre brucelles pour le prélèvement des échantillons trop petits pour les doigts…
 
Pour les méso-fossiles de taille échelonnée entre 2 et 10 millimètres, l’œil nu peut faire largement l’affaire.
 
Bonnes recherches !
 
Phil « Fossil »
 
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Publié dans Le coin des débutants

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P
Bonjour,<br /> Pourriez-vous expliquer la methode du petrole lampant et de l'eau. La technique semble interessante. Mais je n'ai rien trouvé sur le net. <br /> Merci d'avance et felicitation pour votre site.
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M
Effectivement, les dents y sont plutôt petites.Mais vu le nombre de poignées de tamisat, c'est encore assez rentable !@ +Meggie
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