La journée typique d’un paléontologue amateur ?
Debout à une heure absolument indécente, pour quelqu’un qui, comme moi, n’est certainement pas « du matin », parti bien avant l’aurore par un froid polaire de -5°C (à mon domicile) pour le Port d’Anvers, on arrive environ une heure plus tard près du site de fouilles.
Là, le thermomètre indique, vaillamment, -7°C, et sans sortir de l’habitacle il n’est pas encore possible de se rendre compte du vent soufflant dans la zone portuaire, qui diminue la température apparente de plusieurs degrés encore.
Equipé (presque) comme pour une expédition au Pôle Sud, votre serviteur a même pris la précaution, ô combien indispensable, d’enfiler un pyjama chaud et douillet sous sa salopette, habituelle compagne de fouilles. Un bonnet de laine, des gants, deux ou trois niveaux de pulls complètent sa tenue de bibendum anversois.
Le temps d’emmener l’équipement (un sac à dos, un seau, un grand grattoir, une bêche, deux ou trois tamis de maillages différents) jusqu’à l’endroit des fouilles, éloigné de quelques centaines de mètres de la voiture, et on peut se mettre à casser le sable à graviers et à coquilles superficiellement gelé afin de le passer au tamis.
Par bonheur, la couche dix centimètres en dessous n’est pas durcie, mais malgré tout fraîche aux mains nues, car trier le contenu d’un tamis avec des gants est à éviter…
Une éternité (semble-t’il) plus tard, un timide soleil d’hiver commence, tout à son aise, à réchauffer la pente sableuse où nous sommes installés ! Et, pas trop tôt, à dégeler la surface des tas.
Même si nous sommes les premiers fidèles au poste, nous sommes rapidement rejoints sur le chantier par des amateurs belges, français et néerlandais qui, après découverte d’une couche prometteuse, débutent son pelletage et tamisage. Alors que nous pensions une petite heure plus tôt être les seuls suffisamment dingues pour venir affronter la bise portuaire, 19 personnes sont à pied d’œuvre sur le site.
Après avoir pelleté et tamisé l’équivalent d’une petite sablière, chacun de nous peut être content de ses découvertes faites « à la dure » : dents de requins de belle qualité, vertèbres et otolites de dauphins, baleines ou cachalot, ossements et coquillages divers.
Ce n’est qu’à la tombée du jour que nous commençons à rassembler les outils, à emballer les découvertes, et complètement fourbus, à rejoindre le véhicule pour y reprendre une bonne dose de chaleur et retourner à la maison.
Là, il faudra bien deux heures de sieste à votre serviteur pour se remettre de ses émotions et récupérer un peu de chaleur qui lui avait cruellement manqué sur place.
Et certains parmi vous pensent que cela n’est qu’un hobby somme toute plutôt reposant ???
Enfin, il faut bien battre Gunther (pardon, ça m’a échappé, le fer) tant qu’il est chaud !
Phil « Fossil »
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