Faut-il interdire la collecte des fossiles de vertébrés ?
Certaines législations existantes, et d’autres qui ont failli être votées (projet « Souvet » de 1997 en France) réservent la collecte, la détention et le colportage de fossiles de vertébrés aux instances scientifiques.
Si l’intention est louable en soi, certains vestiges nécessitant véritablement un « know how » pour leur dégagement et préparation, il faut prendre garde de ne pas généraliser à outrance.
En effet, la majorité des restes de vertébrés ne se présente pas sous la forme idyllique de squelettes complets. On découvre bien plus fréquemment des ossements et des dents isolés, généralement remaniés dans des niveaux de concentration, de surcroit.
Il est indubitable également qu’il faut faire la distinction entre un fossile véritablement rare ou scientifiquement intéressant, et les restes plus communs de mammifères, requins ou de poissons, par exemple. L’intérêt d’un fossile n’est pas forcément évident à première vue, un reptile aquatique ou un mammifère peut être relativement courant, tandis qu’une dent de requin d’espèce inconnue peut être nettement plus intéressante pour la science paléontologique !
De plus, les sites à fort pourcentage d’érosion (naturelle ou anthropique) comme les plages, falaises, chantiers et carrières nécessitent des fouilles urgentes qui ne sont pas forcément compatibles avec le temps nécessaire pour mettre sur pied une équipe de fouille professionnelle.
Ma philosophie est simple, les vestiges qui sont à la portée des amateurs (dents, ossements isolés dans des sédiments tendres) doivent être récupérés à tout prix, les objets géologiques ingérables dans la pratique (squelettes plus ou moins complets, aires de ponte, etc.) et non menacés doivent être signalés sans délai aux instances compétentes.
Ce n’est qu’à cette condition expresse que de nombreux restes fossiles pourront survivre à la destruction !
Vos commentaires sur cette problématique sont bien évidemment les bienvenus.
Phil « Fossil »
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