Nouvelles neuves de notre CarchaDOrias !
Salut, Phil !
Heureux de voir que tu es de retour à la maison.
Et surtout de constater que tu es toujours sain et sauf.
Je peux maintenant te l’avouer, j’avais nourri beaucoup de craintes à propos de ton opération.
Déjà, lorsque tu m’avais parlé de cette obligation de te soumettre à un régime, je m’étais fortement inquiété. Je n’avais pu m’empêcher de faire le rapprochement avec mon grand ami Jean-Jacques, à qui j’avais rendu visite en ce début d’année dans un autre établissement. Je l’avais observé, réduit qu’il était à manger des biscottes sans sel, et aussi à ingurgiter quelque chose qui ressemblait à un liquide transparent qu’à l’hôpital, ils lui avaient présenté comme étant, je ne sais plus…une, euh comment encore ?
Ah oui… une soupe.
C’est ça !
Ils appelaient ça, une « soupe ».
Puis, il y eut mes affreuses nuits d’insomnie entrecoupées de rêves bizarres à ton sujet, jusqu’à ce dernier cauchemar où je voyais que ton régime t’avait tellement diminué que des Hollandais t’avaient transformé en cerf-volant.
Ils se servaient de toi un peu comme d’une girouette, attaché tout au bout d’un long filin, flottant loin dans le ciel juste pour leur indiquer la direction du vent, pendant qu’ils creusaient en ricanant dans cette couche miraculeuse qu’ils venaient de repérer dans le désormais fameux « site-secret-qui-n’existe-pas-et-que-d’ailleurs-c’est-pour-ça-qu’on-peut-pas-révéler-où-qu’il-est ».
Si tu vois ce que je veux dire…
Mais d’un autre côté, mon cher Phil, il faut ce qu’il faut.
Si l’on te demandait de faire un sérieux régime, ce n’était que pour ton bien. Il fallait t’y conformer sans tricher, ne fût-ce que pour ta santé, mais aussi pour hâter d’autant ton bon rétablissement. Je t’avais pourtant prévenu qu’ils fouillaient à l’entrée. Et que tu ne passerais jamais le hall d’accueil de l’hôpital avec un réchaud à gaz, une douzaine de boîtes de cassoulet et autant de choucroute. Tu n’avais aucune chance. Cela ne valait même pas la peine d’essayer, surtout en les camouflant sous des pyjamas dans ta valise. Quelle drôle d’idée.
Sacrée tête de mule, va !
Enfin, je suis heureux de constater que tu as conservé ton appétit.
J’avais peur qu’à force de t’imposer un régime et de te t’obliger à te contenter de repas « légers », peu compatibles avec ta constitution et les besoins énergétiques qu’engendrent tes activités principales, tu ne fasses à l’avenir plus le poids. Pour affronter les intempéries lors des prospections, mais aussi et surtout en cas de confrontations sur le terrain avec nos grands « amis » les Hollandais.
J’avais même craint le pire…
Tu m’avais demandé de poster des commentaires réguliers sur ton blog et de donner de tes nouvelles pendant ton absence, mais j’avais trouvé plus sage et plus prudent de m’abstenir. De peur de révéler par inadvertance le nom de l’établissement dans lequel tu étais hospitalisé, ou a fortiori le numéro de ta chambre.
Trop dangereux !
Au cas où certains paléontologues, amateurs autant que malveillants, soucieux qu’ils auraient été de se réserver désormais l’exclusivité des meilleurs sites, n’aient cherché à en profiter.
En se débarrassant de toi…
Des fois qu’un commando de deux ou trois Hollandais affublés de blouses blanches ne se soit ainsi constitué à la hâte pour tenter de s’y introduire, déguisés qu’ils auraient été en quelconques infirmiers ou même en médecins.
C’est qu’ils doivent être prêts à tout, en vue d’éliminer un concurrent aussi coriace, usant de la sorte lâchement d’un de ses rares moments de faiblesse.
L’occasion pour eux eût été trop belle, de profiter de ta vulnérabilité passagère !
Mais j’avais pris toutes mes précautions…
Je me doute bien que tu auras été un peu déçu et même passablement étonné que je ne te rende pas la moindre visite durant ta semaine d’hospitalisation.
Evidemment, je t’avais prévenu que mes activités professionnelles allaient rendre la chose plus que difficile, et que me libérer cette semaine fatidique serait probablement impossible. Mais sachant que je travaille dans le « Social », tu devais bien te douter que cette excuse était cousue de fil blanc.
Je peux maintenant te l’avouer, la raison de cette absence était toute autre.
Tu comprendras mieux si je t’explique que je n’ai jamais cessé d’être à tes côtés, sans que tu ne le saches.
C’est que je m’en suis donné, du mal pour être présent quasiment à chaque instant, à proximité immédiate, prêt à intervenir à tout moment, mais d’une manière discrète, sans que tu ne t’en aperçoives !
Paradoxalement, c’est le moment toujours délicat de l’opération elle-même qui fut le plus aisé pour moi. Quoi de plus facile, en effet, que de s’introduire incognito dans cette salle d’opération, puisqu’ils portaient tous des masques !
Tout au plus ai-je jugé indispensable de me placer constamment derrière la table, hors de ta vue, afin que nos regards ne puissent pas se croiser avant ton anesthésie, au risque que tu ne me reconnaisses et que, du même coup, je ne sois repéré.
Par contre, tu ne t’imagines pas quels trésors d’imagination j’ai dû déployer par la suite, pour arriver à te serrer au plus près. Un travail de surveillance et de protection de tous les instants, que j’ai toutefois mené avec abnégation et sans relâche.
Ainsi, n’as-tu vraiment jamais remarqué le fait que - par exemple - chaque fois que le chirurgien venait prendre de tes nouvelles après l’opération, il était accompagné d’un stagiaire ? N’as-tu pas été quelque peu intrigué par le fait que celui-ci n’était jamais le même ? C’est que j’en ai alterné, des déguisements et usé, des postiches en tous genres : perruques, moustaches, lunettes fumées.
D’ailleurs, même ce bel assistant noir, c’était MOI !
Très pratique, ce stratagème, une technique dont je me suis servi plusieurs fois par la suite, surtout en utilisant des vêtements du personnel de nettoyage, que j’avais réussi à subtiliser.
Mais je ne te dis pas ma consommation de cirage…
Allez tiens ! Tant pis, je l’avoue : même cette jolie petite infirmière blonde qui, juste après ton réveil, t’avait tenu la….enfin t’avait aidé à ….
Euh, non là, par contre, effectivement, à la réflexion, je pense que ce n’était pas moi.
Mais tu reconnaîtras la performance, et mon dévouement sans faille, puisque j’aurai réussi à te couvrir de ma protection discrète et rapprochée pendant la totalité de ton séjour à l’hôpital, sans jamais me trahir, ni sans que - même toi - à aucun moment tu ne t’en aperçoives.
Admire le tour de force !
Mais c’était nécessaire et, j’en suis intimement convaincu, même indispensable.
Car les Hollandais sont partout !
Et dangereux…
Dès lors, maintenant que tu es de retour à la maison, je ne baisse pas ma garde. Tu peux me faire entièrement confiance. Jamais je ne te laisserai tomber. Même malgré que les nuits soient encore très froides en février. D’ailleurs, à propos, je crois qu’en ce moment, tu peux abandonner ton laptop pour quelques instants : je vois au travers de mes jumelles que ton dîner vient d’être servi.
N’aies crainte, Cher Phil, tu ne le voyais peut-être pas, mais Carchadorias était toujours là, et il continuera désormais à veiller constamment sur toi !
PS
Je dois tout de même t’avouer un léger détail, une petite broutille : pour arriver à m’introduire dans l’hôpital et y avoir un minimum de coudées franches, j’ai été contraint de soudoyer la chef de service de ton étage.
Sans cette précieuse complicité, saches bien que te protéger efficacement eût été chose impossible. Mais en guise de rétribution, je lui ai promis que le jour où tu ouvriras ton musée, elle bénéficiera d’une participation importante aux bénéfices.
J’ai juste imité ta signature.
J’espère que tu ne m’en voudras pas, car c’était pour la bonne cause !
Carchadorias
Merci à mon cher ami CarchaDOrias pour cette prose et à Chris pour ces photos du Vieux Fossile en plein rafistolage… Je suis touché !
Amitiés à toutes et tous !
Phil « Fossil »
PS. Merci de poster des commentaires…
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