La protection des oiseaux dans le port anversois
Une belle plaine de « Sables d’Oorderen », parsemée de coquilles fossiles, très prometteuse en restes de vertébrés et située assez près du village de Doel, est désormais inaccessible aux promeneurs comme aux chercheurs de fossiles du Pliocène supérieur.
En effet, une clôture est en cours d’installation, des graminées ont été semées, et des panneaux bien visibles placés à distance régulière les uns des autres.
Photo © CarchaDOrias mars 2008
Traduction rapide :
Aire de repos et de reproduction
NE PAS PERTURBER SVP
Sous peine de poursuites
Nous vous remercions pour votre compréhension et collaboration
Arrêté Royal de 1981 concernant la protection des oiseaux dans la région flamande
Ce territoire est une zone importante de repos et de reproduction pour les oiseaux. Veuillez les respecter et ne pas pénétrer sur le terrain. Les irrégularités peuvent être communiquées au Garde de l’Agence pour la Nature et les Bois ou au Surveillant de la Zone portuaire.
Ensemble, nous nous préoccupons de la Nature.
Sur ces panneaux se trouvent mentionnés deux numéros de téléphone mobile, servant à prévenir la « Vlaamse Gemeenschap » dans la perspective somme toute improbable où des promeneurs braveraient l’interdiction de « déranger les oiseaux » (sic). Dans ce cas, il est fort possible qu’un gros 4x4 vert s’arrête près de leur véhicule, et que son conducteur leur dresse illico un procès-verbal après constatation du « flagrant délit ». Si cela n’est pas de la délation organisée, ça y ressemble vraiment très fort.
Etant régulièrement passé en voiture à côté pendant des séances de prospection à des fins de découverte de nouveaux sites, il a été constaté à maintes reprises que les oiseaux y brillent par leur absence ! En effet la plaine en question, située entre deux routes à gros passage et assez loin de toute étendue d’eau, ne semble pas attirer particulièrement les volatiles, au contraire de certaines usines et chantiers locaux où les conditions sont indubitablement meilleures !
A moins, sans doute, que ces braves animaux n’aient pu prouver leur bonne connaissance du Néerlandais, condition indispensable et préalable à leur installation… (Just joking)
De toute manière, l’environnement pollué à souhait de toute la zone du Port d’Anvers n’est certainement pas idéal pour leur petite santé. Le nombre d’oiseaux morts rencontrés sur toute l’étendue portuaire en témoigne indiscutablement…
Cela présente néanmoins l’avantage pour ces oiseaux qu’ils ne seront jamais dérangés par les chasseurs, par ailleurs peu présents dans la région, au vu du taux phénoménal de dioxine, soufre, nitrates, métaux lourds, sous-produits gazeux du raffinage pétrolier, et autres substances peu ragoûtantes qu’ils doivent véhiculer en quantités phénoménales dans leur organisme…
A quand, par contre, des mesures de protection adéquates pour l’installation et le bien-être des pauvres paléontologues amateurs en manque de plus en plus aigu de sites à fouiller ???
Nous ne demandons pas tellement, en fin de compte…
Tiens, juste un exemple parmi tant d’autres, une petite plaine sableuse où auraient été déversées quelques milliers de tonnes de gravier de base, fraîchement dragué du fond d’un dock, à ossements de baleines et dents de squales, avec accès libre pour tous, et, pourquoi pas, juste à côté, une petite « baraque à frites » chère aux habitants de notre plat pays ? Et tant qu’à faire, une buvette bien achalandée en bières artisanales belges et boissons énergisantes pour secouer sans relâche son petit tamis, et, le fin du fin, la location à la journée de parasols, parapluies, cirés, grattoirs, pelles et tamis seraient un plus non négligeable.
Nous serions, à la limite, même prêts, pourvu que la récolte effectuée soit à la hauteur de nos espérances, à payer un droit d’entrée symbolique « à la journée » de quelques euros comme il était demandé sur les haldes de certaines mines allemandes où les amateurs de minéraux pouvaient librement échantillonner ensuite toute la journée les minéraux dans les stocks de roches amenées par des camions et destinées au concasseur.
Cela serait certainement plus rentable économiquement et scientifiquement que quelques hectares de sable, dûment aménagés, clôturés et étroitement surveillés aux frais du contribuable, où aucun oiseau ne viendra sans doute jamais...
A lire :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Deurganckdok
Phil « Fossil »
PS. Merci à CarchaDOrias et Shadows pour l’information.