La paléontologie urbaine, vous connaissez ?
Si, pour la plupart des amateurs, la paléontologie se résume à de beaux affleurements frais, bien nettoyés et de préférence riches en fossiles, il en est d’autres pour lesquels la visite d’une ville ou d’un village peut suffire.
Je me souviendrai toujours d’une soirée passée à visiter, étant encore enfant, le petit village de Montreuil-Bellay. Tous les vieux murs et les dallages étaient incrustés d’ammonites et de bélemnites ! Spécimens qui furent retrouvés par la suite tout dégagés, dans les champs, les fossés, et les chantiers de la région.
Les matériaux de construction étant fréquemment récupérés près des sites urbanistiques pour minimiser le coût du transport, il est normal de retrouver des fossiles dans les constructions.
Parfois, une petite enquête est nécessaire pour retrouver l’origine du matériau, je peux vous citer l’exemple de cette clinique anderlechtoise (Bruxelles) dont certains parterres ont été recouverts de sable à coquilles pliocènes… Provenant en droite ligne du Port d’Anvers !
Ce week-end encore, ce principe a pu être copieusement vérifié, en « city-trip » dans la bonne ville de Tournai j’ai pu contempler de nombreux exemples de fossiles dans les plaques polies ou sciées de calcaire local.
Coraux Caninia cornucopiae et Michelinia favosa, brachiopodes Spirifer konincki et Productus semireticulatus, tiges de crinoïdes, orthocères, gastéropodes Euomphalus s’observent un peu partout dans les constructions, anciennes comme récentes.
Des colonnades d’anciennes églises, en calcaire frasnien rouge de Rance ou de Senzeilles, montrent à profusion des colonies de Phillipsastrea, Thamnopora, Alveolites et de temps en temps des coupes d’éponges, de coraux solitaires ou de brachiopodes.
En bref, l’examen touristique d’une ville ou d’un village suffit généralement à donner de bonnes indications sur les couches et les fossiles exploitables aux environs…
Phil « Fossil »