Bienvenue chez les Bel’ch !
Prévue depuis quelques temps déjà, une petite sortie de clubs du Nord de la France pour visiter nos affleurements miocènes-pliocènes du port anversois avait lieu ce week-end.
Mon pote Dino, organisateur de la sortie guidée par votre serviteur, se retrouve malheureusement avec un gros souci : le démarreur de son automobile qui rend l’âme aussi inopinément qu’à un moment pour le moins inopportun ! Le voilà dans l’impossibilité de participer à la sortie prévue…
Votre serviteur se rend alors au pied levé au Muséum des Sciences naturelles, premier point de visite de nos amis ch’tis, afin de les prendre en charge pour le week-end.
Après un petit crochet à la maison pour récupérer l’outillage et le bagage déjà prêts, nous partons pour notre hébergement proche de la Gare centrale d’Anvers. Sans être luxueuses, les chambres se révèlent grandes et confortables.
Départ peu de temps après notre installation, à pied, vers le Meir pour le souper au restaurant prévu. Les neuf participants feront bonne chère, de croquettes aux crevettes grises, steaks pantagruéliques, vols au vent et autres filets de poulet. Les viandes seront qualifiées d’excellentes par nos amis du Nord.
Suite à une nuit reposante (pour la plupart), le petit-déjeuner buffet copieux à 7 heures pour démarrer à 8 heures en direction du chantier, juste après avoir été rejoints à l’hôtel par quelques membres du club de Cambrai. La sortie de la ville d’Anvers ne se fera pas sans quelques demi-tours, dus aux nombreux sens interdits et autres panneaux indicateurs fichtrement mal placés quand on sort du centre-ville pour atteindre le ring!
Enfin sur place, nous nous emmaillotons dans un maximum de pulls, gants et bonnets, le froid est piquant et le vent assez fort. Heureusement il ne gèle pas…
Chargés de sacs à dos, pots, tamis, pelles et grands grattoirs nous montons à l’assaut des collines de sable. Sur place, personne encore, cela serait-il mauvais signe quant à la richesse fossilifère du coin choisi ?
Nous jetons notre dévolu sur un endroit riche en coquilles mélangées à du gravier, et nous tamisons. Une première dent de Cosmopolitodus hastalis de taille raisonnable ramassée en surface nous indique l’endroit le plus propice. Nous tamisons une heure ou deux ailleurs avec plus ou moins de bonheur, puis revenons à cet endroit.
Malgré qu’il s’agisse de déchets de tamisage d’autres personnes, nous sortons presque à chaque tamis une poignée de dents ! Ou bien ceux qui ont tamisé là étaient vraiment très très difficiles quant à la qualité des pièces gardées, ou alors ils étaient véritablement bigleux…
Le midi une courte pause permet de redescendre à la voiture trois sacs de tamisat « petites mailles », et de remonter en prime nos victuailles.
Le tamisage reprendra de plus belle, « boosté » et rechargé en calories grâce à un café chaud, préparé sur place grâce à un mini-réchaud à gaz, par un participant particulièrement prévoyant !
Les dents souvent belles et complètes se succèderont toute l’après-midi dans nos tamis. Notorhynchus primigenius, Carcharoides catticus, Galeocerdo aduncus, Parotodus benedeni, sans oublier les espèces moins rares Isurus desori, Carcharias vorax et Cosmopolitodus hastalis. Peu de Megaselachus megalodon, par contre, seules deux pointes seront personnellement mises au jour.
Quelques averses de neige, heureusement courtes et peu fournies, ne parviendront pas à nous déloger de notre coin de prédilection.
Vers 17 heures, le vent plus fort et la température décroissante tout comme la luminosité, conjugués à la raréfaction sensible des trouvailles et surtout la fatigue de la journée nous imposeront l’arrêt des travaux de bagnard.
Le retour à la voiture sera rendu nettement plus difficile par les multiples voyages nécessités pour le colportage de l’équipement et des trouvailles, mais surtout par les 7 sacs supplémentaires de tamisat « fines mailles » à redescendre. L’effort, dantesque après une journée de tamisage de forçat, est amplement justifié par la richesse en petites espèces ! Il faudra néanmoins attendre quelques semaines pour amplement en apprécier l’intérêt, quand tout ce gravier dûment étalé en caisses plates aura complètement séché et pourra être trié, poignée par poignée...
Après une heure de trajet sans histoire, votre serviteur est de retour « à la casa » et peut reposer tous ses muscles et articulations endoloris tout en se réchauffant. Il n’attendra certes pas bien longtemps pour nettoyer ses trouvailles et les étaler pour séchage !!!
Bonjour les courbatures multiples le lendemain matin, mais dès qu’elles se seront estompées, on remettra très certainement cela.
Pour les photos des découvertes, nous sollicitons votre patience… Merci !
Phil « Fossil »