Et encore un week-end à Anvers, un !
En prévision d’un futur guidage du CMPB sur le site du chantier anversois, ce samedi était consacré à une « prise de contact avec le terrain » de notre ami Roger, la précédente en semaine il y a quelques mois s’étant soldée par une éjection en bonne et due forme après quelques minutes sur place à peine !
La météo étant clémente, pas de vent, un petit soleil même présent de temps à autre, le temps idéal pour taquiner le requin fossile anversois !
Une couche assurément sympathique fut découverte d’emblée, riche en galets noirs, en coquilles, mais aussi en morceaux de ferraille et bouts de verre, démontrant s’il en était encore besoin le degré de remaniement du sédiment !
La présence de galets noirs nous garantit pratiquement à coup sûr qu’il y a des dents miocènes et éocènes remaniées à y découvrir, les coquilles sont la preuve que des dents pliocènes très fraîches et brillantes y seront également présentes !
La première chose, en arrivant au bord du talus renfermant le niveau prometteur, est de pelleter le sable stérile recouvrant un bon mètre-carré de couche, histoire de ne pas tout se prendre sur le coin de la tête et, plus prosaïquement, ne pas recouvrir subitement la bonne couche avec du sable azoïque.
Le niveau le plus haut semble donner plus de dents, le corollaire en est qu’elles sont néanmoins fréquemment brisées. La couche inférieure est nettement moins payante, mais les dents sont plus complètes. Allez tirer des conclusions définitives dans ce genre de sédiments dragués au fond d’un dock et redéposés ici…
A un moment, en triant le tamis, au milieu d’une série de dents de requins apparaît une pièce de monnaie. Fort usée et limite illisible du côté pile, on arrivera néanmoins à déterminer, Internet aidant, qu’il s’agit d’une « One Penny Georges V de 1913 ».
En bref, une surprise agréable, même si c’est personnellement la quatrième monnaie mise au jour sur ce chantier…
Roger travaillera assidûment grâce aux grilles de ventilateurs, il fera une récolte plus qu’honorable en trouvant la plus grande dent de la journée : une Cosmopolitodus hastalis latérale supérieure d’environ 5 centimètres.
Votre serviteur utilisera comme à son habitude les tamis ronds de chantier, copieusement autant qu’exagérément chargés, et il ne s’étonnera plus des courbatures subies en soirée…
Vers 16h, le vent se levant, et les douleurs musculaires se faisant plus présentes, il est temps de lever le camp, exténués mais heureux !
Les travaux de forçats réalisés sur la journée :
Sable stérile à pelleter : 1 à 2 mètres-cubes
Sable à gravier à tamiser : 1 à 2 mètres-cubes
Tamis à traiter et trier : entre 100 et 200 par personne
Rappel : un mètre-cube de sable, humide en prime, pèse entre deux et trois tonnes…
Et on en vient encore à s’étonner que votre serviteur dorme comme un bébé la nuit qui suit…
Voir pour quelques photos « d’ambiance » et de trouvailles, l’article de notre ami Roger du CMPB :
http://lithomin.blog4ever.com/blog/photos-278425-1.html
Phil « Fossil »