Quatre jours de fouilles au Boulonnais (2ème partie)
Dimanche 15 mars 2009
Le soleil perce enfin à travers les rideaux, nous encourageant à nous lever plus tôt. Nous partirons pour le village voisin, Audresselles, où une place se libère opportunément sur le petit parking déjà fort empli de plaisanciers. Amplement équipés, nous descendons sur la grève toute proche.
De nombreux blocs du Kimméridgien montrent des grands bivalves, malheureusement difficiles à extraire intacts : Gervillia kimmeridgensis, Myophorella sp., Pleuromya alduini, nannogyra striata. Quelques empreintes d’ammonites nous encouragent à avancer le long de la falaise.
Les trouvailles ne seront pas très exaltantes, se réduisant en final à quelques dizaines de bivalves, Myophorella et Pleuromya en majorité. Nous observerons aussi quelques beaux « ripple marks », ou traces de vagues fossilisées.
Nous repartirons pour tenter notre chance en contrebas du Cap Gris-Nez, où la marée fort haute déjà ne nous laisse plus qu’une surface anecdotique à prospecter. Là nous verrons de nombreux fossiles en coupe dans un calcaire gris extrêmement dur. Mais rien ne viendra compléter notre échantillonnage…
Nous monterons jusqu’au sommet du cap, où les nouveaux aménagements ne permettent plus d’atteindre le bord de la falaise, sauf en deux endroits copieusement clôturés qui forment de superbes points de vue sur l’abîme que nous surmontons. Mesures de sécurité amplement justifiées par un accident impliquant un groupe de scolaires il y a quelques années déjà…
Retour ensuite au gîte pour un repos bien mérité en attendant l’heure de notre repas du soir !
Nous irons souper à Audresselles, chez Mimi, le « Roi des Fruits de Mer », où les plats sont copieux et variés. Un demi plateau de fruits de mer en entrée, suivi d’une casserole de moules à la crème, achèveront de bien reconstituer nos forces nettement entamées...
Lundi 16 mars 2009
Dernier jour de vacances déjà, le soleil à nouveau présent nous pousse hors de notre lit ! Après avoir rembarqué les affaires dans la voiture nous prenons la route de Wimereux pour profiter au maximum de la marée très basse.
Espérant faire de meilleures trouvailles que l’avant-veille, nous examinons avec application les petits galets de taille prometteuse. Deux petits oursins très usés sont mis au jour : encourageant certes, mais nous espérions quand même mieux !
Avançant doucement, sans rien découvrir d’intéressant, nous allons vers le large pour dénicher les bivalves et oursins en place. Si ces derniers sont désespérément absents, quelques beaux bivalves Integricardium pellati et une ammonite d’une quinzaine de centimètres sont néanmoins ramassés ou extraits du platier.
A un moment, au beau milieu des coquilles actuelles, un objet noir tranche sur le fond sableux clair. Une vertèbre de ruminant, datant probablement du Flandrien (5.000 ans) et ramenée selon toute probabilité de la couche tourbeuse de la forêt fossile d’Ambleteuse, toute proche, par les courants. Assurément une découverte qui vaut la peine !
Retour vers la falaise, pour prospecter les petits graviers drossés tout contre par les vagues. Rien à signaler la plupart du temps. Ou il n’y a vraiment rien, ou bien l’œil commence à fatiguer. Rien de surprenant, après quatre jours !
Nous continuons néanmoins inlassablement, sans plus trop y croire. Peu de temps avant de repartir pour notre petite Belgique, un assez bel oursin presque nettoyé est découvert in-extremis ! Enfin !!! Il se sera fait désirer, celui-là…
Cette région certes attachante peut se révéler prodigue de ses richesses paléontologiques, mais aussi s’avérer très frustrante parfois.
Heureusement, cette fois encore, il serait bien mal échu de se plaindre…
Vivement la prochaine !
Phil « Fossil »