Sortie CMPB du 21 mars 2009 : dents de requins à Anvers (1ère partie)

Publié le par Phil Fossil

 

Publié dans la revue LITHORAMA.


En ce jour officiel de début du printemps, nous sommes vingt-deux inscrits prévus au point de rendez-vous sur le parking de la station Total de l’autoroute E19 près de Waarloos et Rumst.

 

Arrivés largement à l’avance, notre président et votre serviteur n’étaient même pas les premiers !

 

Le temps d’attendre les retardataires durant le traditionnel quart d’heure académique, nous nous rendons compte que nous serons nettement plus nombreux que prévus.

 

Départ pour le chantier portuaire, en arrivant dans la petite rue séparant les gigantesques tas de sable nous nous rendons compte que de nombreuses voitures hollandaises y sont déjà parquées. Nous aurons même quelque mal à trouver de la place pour y garer notre imposante caravane de véhicules !

 

Une fois équipés et chargés des nombreux tamis, pelles, râteaux, pique-nique, vêtements chauds, seaux, pots et autres récipients, nous montons à l’assaut du chantier. La marche sur le sable sec sera fort longue, surtout quand on considère le poids et l’encombrement de l’outillage indispensable aux chercheurs forcenés que nous sommes ! (Enfin, certains d’entre nous, du moins.)

 

 

 

 

Consistant en un colossal bassin qui a réceptionné les sables de dragage du Churchilldok proche, rempli presque jusqu’au sommet de Sables verts « du Kattendijk » riches en coquilles et en galets noirs, notre terrain de chasse s’avère immense. La drague faisant un travail assurément brutal, des zones sableuses stériles jouxtent des couches riches en galets et coquilles, mélangées lors de leur extraction car in-situ les deux couches sont espacées de plusieurs mètres.

 

Vu de loin en arrivant, cela ressemble à un « mix » psychédélique des tranchées de Verdun, de la surface lunaire constellée de cratères, avec quelques délicieux relents de Club-Med ! Les chercheurs hollandais parlant fort ont parfois amené leur chien, leurs gosses, même des bébés de deux ou trois ans s’y baladent en braillant, heureusement accompagnés… Vu la dimension pluri-métrique de certains trous dans lesquels ils auraient vite fait de tomber !

 

Pour le calme des sites fossilifères bucoliques autant que verdoyants, on repassera.

 

Le « gravier de base » qui sera l’objet de nos recherches est constitué principalement de gros galets de grès noirâtre et contient un savant mélange de dents éocènes, oligocènes et miocènes, tandis que le niveau à coquilles renferme des dents fraîches et bien brillantes du Pliocène inférieur.

 


 

Sur place, quelques membres du Cercle sont déjà là lors de notre arrivée, d’autres non prévus s’ajouteront encore par la suite : trente et une personnes du CMPB viendront en final taquiner les squales fossiles du Néogène anversois. A ajouter à une bonne cinquantaine de collectionneurs hollandais, visiblement habitués du site.

 

Le soleil est radieux, la température douce, et les nombreuses couches de vêtements censés nous protéger du froid et du vent se retrouveront rapidement enlevées. Votre serviteur commence par creuser un trou de deux mètres-cubes pour atteindre une couche riche en galets et coquilles, mais celle-ci se révèlera pratiquement azoïque ! A part quelques petites dents, rien d’extraordinaire ! Donc il sera nécessaire de se déplacer pour commencer enfin à trouver un peu.

 

Tout le monde creuse au petit bonheur, et finit au bout d’un temps plus ou moins long par atteindre une couche et trouver des dents en plus ou moins grand nombre.

 

Christian et Robert creusent ensemble, et sortiront de belles Cosmopolitodus hastalis et quelques Notorhynchus primigenius sympathiques.

 

Nos amis liégeois Jean-Marc et Rési, après avoir ouvert un puits presque insondable mais totalement stérile, devront changer de place : ils tombent enfin sur une couche caillouteuse, puis presque par hasard sur la pièce du jour : une sensationnelle Megaselachus megalodon latérale de 8 à 9 centimètres, de toute beauté.

 

 

 

 

Notre bien-aimé président, alléché par la trouvaille de la journée qu’il avait faite lors de notre excursion préparatoire, ne trouve quasiment rien et se décourage assez vite. Heureusement, une jolie dent de dauphin Eurhinodelphis cocheteuxi viendra à point nommé pour le consoler. 

 

D’autres se bornent à une promenade et au ramassage de dents en surface, ces pièces sont souvent belles et bien plus reposantes à mettre au jour ! Notre webmaster Marc et son épouse Josette auront ainsi fait une moisson plutôt sympathique.

 

Au fil de l’après-midi, les participants dans leur majorité enchantés repartent progressivement, nous rejoindrons personnellement la voiture vers 17 heures. Les rougeurs d’un petit coup de soleil se font sentir, mais rien de bien méchant. Nous n’avons certes plus l’habitude des morsures du soleil printanier, dans notre petit pays copieusement arrosé ces derniers mois !

 

A suivre…

 

Phil « Fossil »

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Publié dans Comptes-rendus

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