Eifel in love… With this area ! (Première partie)
Après plus de deux années, nous sommes enfin de retour dans la région eifelienne, bénie des dieux pour nous, paléontologues amateurs.
Samedi 4 avril 2009
Suite à un trajet sans histoire depuis la périphérie bruxelloise, nous faisons un arrêt de quelques heures sur le champ habituellement visité dans le zoning industriel de Weinsheim, à quelques kilomètres de Prüm.

Ce champ est en jachère, l’herbe très courte et encore fort clairsemée nous permettra néanmoins, en restant à la lisière, de faire une moisson pléthorique de coraux solitaires et quelques coloniaux, également, le tout daté de l’Eifélien. Les brachiopodes, crinoïdes et restes de trilobites seront beaucoup plus rares, mais présents.
Nous repartirons pour notre hôtel sis dans les hauteurs de Gerolstein. Pour cette fois, nous avons choisi un 4 étoiles, la chambre s’avèrera gigantesque et d’un confort rarement rencontré lors de nos habituelles expéditions à but paléontologique…
Le souper dans la brasserie attenante sera excellent autant que copieux, comme il convient après une journée de trajet et de fouilles au grand air…
Dimanche 5 avril 2009
Impatients de tester le buffet petit-déjeuner annoncé comme pléthorique, nous nous levons assez tôt. Nous ferons bonne chère, afin d’être copieusement « calés » pour la dure journée qui s’annonce.
En effet, nous allons profiter de cette journée dominicale pour une visite de la carrière de Berndorf, découverte deux ans auparavant et extraordinairement productive !
Malheureusement, les clôtures sont désormais terminées, dissuasives à souhait, et ne permettent plus aux amateurs d’y accéder comme c’était le cas la fois précédente. Nous devrons donc nous rabattre sur une ancienne carrière repérée peu avant.

Transformée en parcours géologique, avec parking, panneau explicatif, poubelle et table pour le pique-nique, nous y descendons juste équipés d’un grattoir et de quelques sachets. Après bien évidemment avoir vérifié sur le panneau que les fouilles n’y sont pas interdites, nous nous limiterons néanmoins à un ramassage et à un grattage léger dans les cônes d’éboulis de l’Eifélien.
De nombreux coraux solitaires et coloniaux, ainsi que quelques brachiopodes et crinoïdes, viendront rapidement remplir nos sacs qui s’avèreront vite tout tout justes ! Nous remonterons alors au parking afin d’étaler nos trouvailles dans les caisses plates opportunément emmenées.
Nous y ferons la rencontre d’un couple local extrêmement sympathique avec lequel nous discuterons rapidement fossiles et sites ! Après nous avoir expliqué en détail le chemin à suivre pour arriver à un autre gîte fossilifère, ils nous y emmènent sans autre forme de procès.
Nous arriverons au « Weinberg », près de Hillesheim. Détaillé dans plusieurs ouvrages géologiques en langue allemande, ce bioherme corallien est inclus dans un sentier géologique et est pourvu de l’incontournable panneau explicatif.

Nous nous promènerons dans l’ancienne carrière, et ramasserons dans les éboulis de schistes de bordure de récifs quelques fossiles eiféliens : plaques à tiges de crinoïdes, coraux, grands brachiopodes Atrypa, lesquels viendront rapidement rejoindre nos sacs. Néanmoins les découvertes ne sont en aucune façon comparables à ce que nous avons sortis lors de nos visites des sites précédents…
En retournant à la voiture, votre serviteur ramasse parmi un petit tas de cailloux, probablement amené là, un petit bloc à exuvies de trilobites : un céphalon et un pygidium en contre-empreinte, ainsi que le thorax d’un Geesops sparsinodosus gallicus ! Encouragés, nous examinons soigneusement ces cailloux sous toutes leurs coutures, ce qui nous permet de récupérer d’autres restes de trilobites ainsi que quelques brachiopodes Spirifer et Orthis. Ce seront sans conteste les meilleures découvertes faites sur place ! A quelques mètres de la voiture, en prime…
Nous repartons ensuite vers Pelm, où un affleurement marno-calcaire eifélien proche de la carrière sera l’objet de toutes nos attentions.

Les chocs thermiques et les alternances gel-dégel de l’hiver rigoureux ont fait s’ébouler des tonnes de roches, et les pluies ont naturellement dégagé et nettoyé de nombreux coraux solitaires et coloniaux : grands Acanthophyllum vermiculare, et grosses boules de Pachyfavosites polymorphus, ainsi que quelques Disphyllum, mais aussi des Calceola sandalina possédant parfois encore leur opercule, viendront remplir deux sacs. Au point de vue des raretés, épinglons un pygidium de petit trilobite et un bivalve, plutôt rare ici.
Après cette journée assurément bien remplie, retour à l’hôtel pour une bonne douche, un peu de repos et un excellent souper.
A suivre…
Phil « Fossil »