Une sortie montoise pour changer d’Anvers…
Un peu fatigués des travaux de forçats, mais certainement pas lassés du Port anversois, Birane et moi avons mis ce jeudi le cap sur les environs de Mons afin d’y échantillonner le Crétacé supérieur.
Le Maastrichtien de Ciply, ainsi que le Danien qui le surmonte directement, seront pour cette journée relativement ensoleillée, mais heureusement pas trop chaude, notre terrain de jeu.
Les anciennes carrières qui sont visitées sont fortement envahies de végétation, et principalement celle de droite en venant de la route. Elle est nettement plus dégradée que dans mon souvenir déjà éloigné de quelques années.
Heureusement que votre serviteur, épaulé par un grand sac de randonnée plutôt bien achalandé, dispose d’une machette « de poche » et d’une scie à branches particulièrement costaude, ce qui nous permettra de nous frayer assez vite un chemin au milieu des arbres morts tombés sur le sentier.
Après avoir un peu « tourné » dans le sous-bois qu’est devenue l’ancienne carrière, nous repérons les (gros) travaux de grattage des visiteurs précédents, ouverts dans le « Poudingue de Cuesmes », lequel sépare la « Craie de Spiennes » de la « Craie phosphatée de Ciply ».
Cette craie constellée de galets phosphatés brunâtres renferme de nombreux fossiles en partie remaniés. Quelques dents y ayant été déjà trouvées, nous devons ramener du résidu de tamisage sur petites mailles.
Nous utiliserons à tour de rôle les deux seuls tamis que nous avons emmenés, en prévision du chemin difficile à parcourir. Le tamis de maillage 13 millimètres permettra de garder les bivalves, térébratules, rostres de bélemnites et autres gros fossiles, tandis que le rejet du maillage de 3 millimètres ira directement dans un seau. Quelques dents de squales de moins d’un centimètre seront néanmoins découvertes directement par notre petite équipe.
La remontée ne sera pas moins épique, certes la voie est mieux dégagée qu’à l’aller, mais les deux seaux de tamisat n’aident pas à grimper le talus et les tamis s’accrochent dans les ronces omniprésentes.
Après avoir été déposer les seaux à la voiture et avoir changé de matériel pour un maillage plus fin, nous descendons dans l’autre carrière. Le but sera de vérifier les éboulis pour les éventuels fossiles affleurants, mais surtout de tamiser le « Poudingue de la Malogne » séparant la « Craie phosphatée de Ciply » maastrichtienne du « Tuffeau de Ciply » danien.
Tandis que Birane remplira deux grands seaux de tamisat sur petites mailles, je me contenterai de trier les deux granulométries, n’ayant plus le courage de remonter un seau plein de gravillons bien lourds !
Nous travaillerons jusqu’à l’extrême limite de nos forces, la nuit commence à tomber, particulièrement dans le sous-bois, lorsque nous entamons la grimpette. Le temps de recharger la voiture, de reprendre la route du bercail, de décharger l’équipement, seau de tamisat et caisses de fossiles, plus tout loger dans le garage archi-bourré, il sera 21h30…
Congé, vous avez dit congé ???
Phil « Fossil »