Encore des fossiles au Cap Blanc-Nez ?

Publié le par Phil Fossil

 
 
Protanisoceras sp., Albien, Strouanne, France. Plus grande dimension 7 centimètres.
 
 
De nos jours, le Cap Blanc-Nez n’est plus que le pâle reflet de sa grandeur paléontologique passée, le sable a envahi de longue date les platiers fossilifères et l’avant-falaise commence à être recouverte également.
 
Pour les amateurs débutants comme pour les confirmés, il n’en reste pas moins un site riche en enseignements et peut toujours livrer des fossiles intéressants moyennant quelques petits trucs.
 
Il est néanmoins requis de respecter l’arrêté de classement publié dans l’un de mes articles précédents…
 
 
Je vous détaillerai ici pour les différents étages stratigraphiques représentés la meilleure manière de chercher, ce qui vous permettra de ne pas revenir bredouille…
 
L’Albien
 
Les couches d’Argile du Gault sont généralement ensablées, hormis une tempête occasionnelle qui en découvrirait l’une ou l’autre zone. Néanmoins des fossiles peuvent encore être mis au jour en cherchant entre l’avant-falaise et la plage sableuse les pouliers de galets et graviers d’une taille comprise entre 1 et 5 centimètres.
 
A ces endroits, se coucher et à l’aide d’un grattoir ou d’une petite truelle étaler les galets et graviers, ce qui permet de faire ressortir les fossiles phosphatés grisâtres à noirâtres, pyriteux de couleur dorée, ou limoniteux de couleur rouille. Ce « ramping » est encore ce qui donne le mieux de nos jours… Les fossiles nacrés, quant à eux, devient rarissimes car la nacre s’enlève très vite quand le fossile est dégagé de la couche, à cause de l’érosion naturelle.
 
On y découvre avec beaucoup de patience et un peu de chance : bois fossile, dentales, bivalves, gastéropodes, petites bélemnites, ammonites, coraux, vertèbres de poissons, dents de requins, dents et vertèbres de sauriens marins.
 
A marée très basse, les pannes à galets peuvent contenir des fossiles albiens de plus grande taille, ammonites, gastéropodes, bois fossiles et bivalves principalement, mais ils sont quasiment toujours fragmentaires, à l’opposé des vestiges plus petits.
 
Le Cénomanien
 
Formant la falaise de craie du Petit Blanc-Nez, (au Sud du Cran d’Escalles) des petits fossiles tout dégagés par l’érosion marine se retrouvent par la même technique de « ramping », ils sont de couleur blanchâtre à jaunâtre, parfois translucides quand ils sont mouillés. Des brachiopodes en marcasite, souvent oxydés en limonite, s’y rencontrent également.
 
Les principales classes découvertes sont : brachiopodes nombreux, tubes de vers, coraux, éponges sinueuses, ammonites, nautiles, oursins réguliers et irréguliers, dents et vertèbres de requins et de reptiles.
 
Dans les éboulis et les gros galets, les grandes ammonites et inocérames crayeux ne sont pas rares, mais on n’en voit apparaître qu’une petite partie. Les fossiles ont une surface de couleur « rouille » ce qui permet de les distinguer assez facilement de leur substrat. Certains galets décimétriques montrent les traces sinueuses, et sont des éponges du genre Exanthesis. 
 
La craie grise appelée « Tourtia » est riche en fossiles et en nodules phosphatés de couleur brunâtre à noirâtre, quand on a la chance d’en voir un bloc dégagé par la mer il vaut la peine de le fragmenter.
 
Turonien
 
Situé du côté Nord du Cap, le Grand Blanc-Nez permet de voir les différentes craies du Turonien. Les principales sont la Craie noduleuse jaunâtre et la Craie à Silex. On peut y trouver des oursins en silex, examiner soigneusement les « pouliers » de galets de taille comprise entre deux et huit centimètres, et ce aussi bien du côté de Sangatte que de celui de Strouanne. Des éponges et bivalves (inocérames) en silex s’y rencontrent aussi de temps à autre.
 
Les blocs de craie turonienne contiennent de grandes ammonites assez difficiles à distinguer, mais on peut les repérer en voyant leur ligne de suture en forme de feuilles de persil. De petits brachiopodes, des oursins irréguliers, des inocérames de couleur rosée ne sont pas rares dans les blocs éboulés.
 
Conditions météo
 
L’idéal est d’y aller en hiver, à marée descendante bien évidemment, et surtout pendant ou juste après une grosse tempête qui va déplacer les roches, faire éventuellement ébouler des parties de falaise, et bien nettoyer les éboulis ou les platiers. L’amplitude des marées n’a pas une grande incidence.
 
Par contre le dégel à la fin de l’hiver génère des éboulements de falaise qui doivent être surveillés.
 
Bonnes recherches !
 
Tenez-moi au courant de vos trouvailles… Un petit commentaire est toujours le bienvenu.
 
Phil « Fossil »
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Publié dans Le coin des débutants

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C
bonjour je collectionne egalement desfossiles du blanc nez , petite ereure le blanc nez date du cretacé et le gris nez du jurassique j'habite a coté boulogne sur mer<br /> cordialement
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C
Bonsoir, <br /> Je découvre votre blog aujourd'hui, mon fils de 6 ans rêvant de trouver un fossile et étant très intéressé par la période jurassique. On pense faire un tour au cap blanc nez prochainement et votre blog est riche en informations. Je croise les doigts pour qu'il ait le plaisir d'en trouver un de lui-même, sinon j'essaierai au moins de lui transmettre quelques infos pour répondre à sa curiosité. Merci pour votre travail et ce que vous transmettez et bonne continuation.
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