Portrait de Paleomaniac

Voici, de la plume de l’un de mes plus fervents admirateurs, un portrait (est-il flatteur ou pas, à vous de juger !) de votre serviteur.
Comme vous pourrez le constater, cela « sent » indubitablement « le vécu » !
Les propos développés ci-dessous n’engagent bien évidemment que leur auteur. Et vous permettront de vous rendre compte que je ne dédaigne pas, à l’occasion, la saine pratique de l’autodérision !
Phil « Fossil » est une bête de la Paléontologie !
Il possède un physique très avantageux, sans doute prédestiné, car semblant tout entièrement taillé pour la recherche sur le terrain : un nez idéalement centré sur la figure, avec des yeux situés exactement au-dessus, qui ont en outre l’immense avantage d’être deux, ce qui lui donne une acuité visuelle quasiment parfaite. Cette faculté permanente d’analyse en trois dimensions se révèle être un atout considérable pour la prospection : elle le rend capable de reconnaître instantanément, par la couleur et le relief, tout objet intéressant, en distinguant immédiatement sur le sol sableux, dans les déblais et dans les roches, toute forme triangulaire, ou ovoïde, ou fuselée, ou cylindrique, ou étoilée, ou en spirale, ou déroulée.
Voire indéfinissable : même les coprolithes ont très peu de chance de lui échapper…
Autre élément significatif, son ouie, qui me semble également bien développée : je le soupçonne même d’être secrètement capable, rien qu’à l’écoute attentive du crissement que fait sa griffe dans une couche de Kattendijk, de déterminer au préalable si celle-ci n’est constituée que d’Isurus hastalis et de desori parmi les galets, ou si elle contient au contraire des Hexanchus gigas entre quelques fragments de Carcharodon megalodon !
Doté d’une couche protectrice qui le met à l’abri de tous les types connus à ce jour en matière d’intempéries, ce Phil conducteur possède une corpulence dite « de géologue », qui se révèle être un élément stabilisateur adéquat contre les embruns, coups de vents au sommet des falaises et autres rigueurs du même genre. Ce physique généreux ne constitue d’ailleurs pas seulement un avantage pour l’intéressé, mais également pour ses compagnons de sortie, puisque je me souviens n’avoir jamais hésité à m’engager sur une surface d’eau gelée, pourvu que Phil y soit déjà passé au préalable !
Mais gardons-nous toutefois de nous aventurer trop loin dans ce genre de considérations et surtout - surtout - abstenons-nous de toute conclusion hâtive. Que la gente féminine se rassure : ce supplément adipeux serait le seul point commun naturel qu’il partage avec les phoques !
Notre Phil ne ménage en tous cas jamais ses efforts : je le crois même totalement incapable d’évaluer avec précision la quantité de tonnes de sable et le nombre de mètres cube de sédiments ou de schistes qu’il a déjà déplacés au cours de ses (tout aussi) innombrables sorties. En outre, quant aux conditions dans lesquelles les prospections se déroulent, même les plus défavorables, je ne connais pas grand chose qui le rebute, puisque je garde toujours en mémoire ce souvenir de mes premières excursions dans le Nord de la Belgique, menées en sa compagnie par moins 15 degrés, sur des plaines de sable balayées par un vent glacial, pour y trouver des dents de requins, visibles certes, mais qu’il était impossible de prélever parce qu’elles étaient toutes soudées au sol.
Par le gel….
Et puisque je me remémore d’autres sorties qui se firent aux mêmes endroits, mais par plus de 35 degrés à l’ombre, sans qu’il y en ait eu, cela vous place les limites de la prospection cooremanifère dans une marge non définitive de cinquante degrés centigrades.
Mais il y a plus déroutant encore !
Il vous faut avoir entendu le copain Phil faisant tomber, avec une régularité de métronome, des échantillons dans une des nombreuses boîtes qui l’accompagnent, pour ne pas manquer de vous interroger sur votre propre faculté à trouver des fossiles. Il y a de quoi vous faire peur, surtout par le fait qu’il est souvent sur vos propres traces, occupé à emprunter exactement le même chemin que celui que vous venez vous-même de parcourir quelques instants auparavant ! De quoi en tout cas vous faire sérieusement douter de vos propres capacités en matière de prospection paléontologique, ou au moins vous inciter à consulter un ophtalmologue de toute urgence.
Pire !
A l’entendre vous dire d’un air détaché, « Et celles-là, tu ne les prends pas ? », vous vous interrogez sur le point de savoir quelle attitude adopter : cacher votre dépit en hésitant entre deux options, soit tenter de rendre un air faussement innocent, dans le style « Oh non, j’en avais déjà tellement, je te les ai laissées » et vous taire, en attendant le moment le plus propice pour lui planter votre marteau de géologue entre les omoplates !
Amateur éclairé, voire un brin illuminé, Phil « Fossil » est animé par un feu sacré dont semblent manquer ces quelques professionnels qui consacrent plus d’énergie à vilipender sans nuance et sans distinction tous les amateurs, pourtant souvent motivés par de bons sentiments, plutôt qu’à faire progresser autre chose que leur propre notoriété personnelle.
Informaticien de formation, Phil n’est peut-être Paléontologue, lui, mais c’est tout comme !
Dominique VANESPEN
alias CARCHADORIAS
Vos commentaires sont les bienvenus !
Merci.
Phil « Fossil »
Publicité