Le Sablage : tests sur les fossiles
Voici quelques exemples de spécimens de fossiles impeccablement dégagés de leur gangue grâce au sablage, ainsi que certains “trucs” d’utilisation :
Coraux solitaires eiféliens de Prüm dans une gangue marneuse grise : toute la marne part et révèle la structure fine des septas. Cela doit fonctionner également (mais à très faible pression) sur les trilobites à test calciteux des mêmes gisements.
Colonies coralliennes Phillipsastrea et Hexagonaria du Frasnien de Senzeille et Couvin : élimine proprement la gangue schisteuse, même hors des petits trous des corallites et dégage très finement tous les septas.
Gryphaea arcuata du Sinémurien d’Arlon (B), de Strassen (L), de Lorraine (F) et de Bourgogne (F) : quand la gangue est marneuse et peu indurée, le dégagement est impeccable.
Grandes bélemnites Passaloteuthis paxillosus dans les marnes carixiennes de Nolay, Bourgogne, France : les bélemnites en calcite sont impeccablement dégagées.
Les ammonites pyriteuses domériennes (du genre Amaltheus) dans les marnes des causses des environs de Millau (F) se nettoient très bien, et la fine pellicule de pyrite oxydée noirâtre s’élimine ce qui restaure partiellement la couleur originale “dorée” du fossile !
Lopha, Ammonite calciteuse et Trigonia du Bajocien de Ringsheim (D) : utilisable quand la gangue est tendre (argile ou calcaire marneux) mais attaquer parallèlement aux épines des Lopha pour éviter de les briser.
Oursins réguliers noirâtres du Bajocien de Gourema au Maroc : la gangue claire est éliminée et tout le détail des tubercules apparait alors. Pression plus faible.
Grosses rhynchonelles Burmirhynchia decorata, mais aussi les gastéropodes et coraux coloniaux du Bathonien des environs de Poix-Terron, Aubenton, Villers-le-Tilleul et Thin-le-Moutier (Ardenne française) dans un calcaire crayeux. A combiner avec le percuteur pneumatique pour le gros du travail.
Oursins réguliers et radioles de l’Oxfordien de Faissault (F) et de Novion-Porcien (F), pour autant que la gangue ne soit pas trop dure : pression plus faible en fonction de la taille de l’oursin (les plus petits sont plus fragiles) et de la dureté de la roche encaissante.
Lopha, Rastellum et oursins Nucleolites de l’Oxfordien des Vaches-Noires (F) et de Trouville-sur-Mer (F) : à utiliser si la gangue n’est pas trop indurée.
Oursins oxfordiens et campaniens des Charentes dans une gangue crayeuse : pression faible. Le résultat est généralement impeccable !
Oursins réguliers du Portlandien de Boulogne-sur-Mer et de Wimereux (F) dans une marne tendre : Pression pas trop importante. Ici le nettoyage est même meilleur que celui obtenu en utilisant la potasse caustique, beaucoup plus rapide et sans danger si le test de l’oursin n’est pas fragilisé par une fracturation.
Oursins hauteriviens du Maroc et du Pérou : la gangue crayeuse part impeccablement.
Ammonites albiennes de Courcelles (Troyes, F) dans les bancs durs : la gangue qui est pourtant loin d’être tendre part assez facilement, laissant la coquille calcitique bien nettoyée.
Eponges calcaires Plocoscyphia et Ventriculites du Cénomanien du Cap Blanc-Nez : là la pression ne doit pas être trop importante, la craie étant très tendre. La structure réticulée de la surface des éponges apparaît dans toute sa splendeur, ce qui n’est pas le cas quand on abrase la gangue crayeuse au cutter. A ne surtout pas utiliser sur les ammonites des mêmes niveaux qui sont des moules internes en craie !
Rastellum carinatum et autres coquilles calciteuses du Cénomanien du Cap Blanc-Nez : là aussi les détails apparaissent superbement, et la craie même indurée part en douceur.
Oursins “rosés” du Cénomanien de Ziz Taouz au Maroc, ils peuvent être superbement nettoyés si la gangue est tendre. Pression plus faible.
Echinocorys et Micraster du Campanien de Höver près de Hannover (D) : la craie s’enlève en quelques dizaines de secondes et l’oursin est superbement nettoyé en préservant tous ses détails.
Oursins Conulus du Turonien de Nikopol, Bulgarie : la craie part vite et très bien.
Oursins Echinocorys du Maastrichtien inférieur de Haccourt, Lixhe et Maastricht : Quand des silex d’encroûtent pas le fossile, il se nettoie très rapidement !
Oursins et bélemnites du Maastrichtien de Maastricht (NL) : pression très faible et éloigner autant que possible le “crayon” sableur du fossile, car la craie ou le tuffeau s’enlèvent à une vitesse incroyable ! A ne pas utiliser sur des oursins qui sont déformés et dont les plaques ne sont pas parfaitement jointes car il y a un risque de casse certain.
Oursins Echinolampas éocènes de Rocky Point, North Carolina (USA) : quand la gangue est tendre, se nettoient très bien, sinon le percuteur pneumatique peut être mis à contribution.
Bons tests !
Phil « Fossil »
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