Quelques souvenirs amusants de fouilles
Si la vaste majorité des journées de fouilles se déroule comme un « long fleuve tranquille », il arrive parfois des gags ou des situations étonnantes et plutôt plaisantes.
Je me souviens notamment d’une journée assez cool dans une crayère des environs de Cuesmes et de Frameries (Mons), m’étant écarté le temps de satisfaire un « besoin naturel » dans une zone déjà un peu envahie de végétation, je découvris rapidement une bélemnite toute dégagée, puis une deuxième, une troisième… En pivotant la tête je pus ainsi repérer pas moins de cinq bélemnites qui m’attendaient sagement ! Je dus donc attendre la fin de mon petit besoin pour les récupérer sans fatigue, et de surcroit sans en oublier une seule.
Autre jour à marquer d’une pierre blanche, les fouilles dans un chantier du Port d’Anvers en plein été, il y faisait très sec et chaud, et un niveau à gravier fossilifère fut découvert dans le flanc d’une grande rigole emplie d’eau. Faisant fi d’une excessive pudeur, n’ayant pas emmené nos maillots de bain, nous voilà toutes et tous, filles et garçons, en caleçon afin de faire trempette dans ce cours d’eau et d’y jouer du tamis ! Quel plaisir, même s’il valait mieux ne pas se poser trop de questions quant au degré de pollution de l’eau dans laquelle nous barbotions… Et que nous avons ramené du gravier de base jusque dans nos caleçons !
Autre souvenir d’anthologie, une visite de la grande carrière de Lixhe où les exploitants avaient entaillé le plateau juste dans le niveau à gros oursins Echinocorys. La proximité de Pâques sans doute, mais plus vraisemblablement les pluies des semaines précédentes, avaient dégagé du sédiment tendre des dizaines d’oursins de grande taille, donnant à notre prospection un petit air de « chasse aux œufs » ! Deux seaux ( !) copieusement remplis furent ramenés à la voiture par chacun de nous, et Dieu sait combien pèsent deux seaux pleins d’oursins fossilisés…
Au début de nos visites dans l’argilière de Sint-Niklaas, les exploitants laissaient le gravier de base bien accessible à fleur de sol, et les chercheurs de fossiles n’y étaient vraiment pas très nombreux. Une seule demi-journée de promenade permettait ainsi, sans devoir jouer du tamis et du grattoir, de récolter jusque deux Carcharocles megalodon complètes à une petite heure d’intervalle… Ou une série de belles grandes Cosmopolitodus hastalis.
Si vous aussi avez envie de partager quelques anecdotes de fouilles hors du commun, pourquoi ne pas laisser un commentaire ?
Merci d’avance.
Phil « Fossil »
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