La préservation des fossiles constitués de pyrite

Publié le par Phil Fossil

 
 
La préservation des fossiles pyriteux, et en particulier ceux découverts sur les plages, est problématique.
 
Cet article explicite les techniques qui peuvent être mises en œuvre.
 
Phil « Fossil »
 
 
(D’après les plantes fossiles de l’Argile de Londres – Margaret E. Collinson)
 
Une quantité considérable de matériel des premières collections de l’Argile de Londres a été perdue, par la cause de la dégradation de la pyrite. Cette pyrite, qui entre de manière plus ou moins partielle dans la composition des plantes fossiles, risque la destruction si elle est stockée dans des conditions d’humidité relativement élevée.
 
La méthode ancienne de stockage dans la glycérine était inappropriée, étant donné que la glycérine continue à absorber l’humidité de l’air.
 
Howie (1977a, b, 1979) a montré que la dégradation se produit en différentes phases par la formation d’acide sulfurique et des produits cristallins de décomposition de différentes couleurs (blanc, rose, jaune et vert) représentant les sels de fer hydratés.
 
Les tentatives de vernissage ou d’isolation du matériel à des fins de prévenir la détérioration ne sont jamais totalement couronnées de succès, car tous les produits utilisés semblent avoir une certaine perméabilité à la vapeur d’eau lorsque l’humidité relative est supérieure à 60% (Howie 1979)
 
De surcroît, les différents enduits utilisés peuvent prévenir par la suite l’étude détaillée de la structure superficielle.
 
Tout le matériel collecté des affleurements côtiers doit être rincé soigneusement avec de l’eau afin d’éliminer les chlorures présents dans l’eau de mer qui ont un effet de catalyseur sur les réactions de dégradation.
 
S’il y a des produits acides engendrés par la décomposition présents, ils peuvent être neutralisés en les exposant aux gaz d’ammoniaque ou en utilisant du thioglycolate d’éthanolamine. (Cornish et Doyle)
 
Ceci, couplé avec un séchage ultérieur, arrête de manière effective toute dégradation.  
 
La neutralisation nécessite du matériel de laboratoire et le traitement du matériel en voie de dégradation est pour cette raison limité au point de vue de la disponibilité.
 
Reconnaître le matériel qui risque de se dégrader n’est pas quelque chose de simple. Certains spécimens sont en apparence composés d’une pyrite plus stable que d’autres. Cela peut être mis en relation avec la structure cristalline et le pourcentage de surface cristalline disponible pour le contact avec l’eau.
 
La seule méthode sûre est de traiter toute pyrite comme étant dégradable. Quelques pièces de plantes de Sheppey seront détruites après seulement quelques jours d’exposition à une humidité relative élevée.
 
Après lavage et neutralisation (si nécessaire) les spécimens doivent être consciencieusement séchés. Cela peut être accompli par dessiccation sur du silica-gel ou dans un four à vide. Il est alors recommandé de stocker le matériel dans de l’huile de silicone. (Howie 1979)
 
Pour éviter la perte des couches carbonatées, ce qui se produit fréquemment quand le matériel végétal est séché, la dessiccation doit être accomplie par transfert dans une série d’alcools.
 
Les specimens peuvent alors être transférés par une série alcool-toluène, toluène-huile de silicone dans l’huile de silicone.
 
Le matériel végétal non carbonaté peut être stocké au sec si le taux d’humidité est maintenu constant en dessous de 55%. En pratique cela signifie que le matériel stocké dans une pièce habitée d’une maison chauffée par un système central ne se décomposera probablement pas. Le matériel stocké dans le garage ou le cellier ne survivra sans doute pas.
 
L’une des meilleures alternatives à l’huile de silicone (qui est chère) est la paraffine domestique. Bien que non recommandée par Howie (1979) elle l’est par Cooper. (1977) Elle ne convient pas, au contraire des autres solvants organiques, pour le stockage à long terme de matériel végétal carbonaté car une dissolution des couches carbonatées se produira.
 
Tout spécimen carbonaté important doit être stocké dans de l’huile de silicone. Une alternative finale est de stocker le matériel dans des conteneurs scellés avec une quantité de silica-gel indiquant le taux d’humidité. (bleu jusque rose quand il est humide) Cela peut faciliter la visualisation du matériel qui peut être plus problématique dans le cas d’un stockage liquide.
 
Le silica-gel bleu, cependant, représente une humidité relative très basse et entraînerait sans doute l’exfoliation des couches carbonatées. Le silica-gel conditionné à une humidité relative intermédiaire est recommandé par Howie (communication personnelle, 1980) pour le matériel carbonaté et pour d’autres matériels pyriteux, par exemple dans les schistes, qui ne peuvent pas être séchés à une humidité relative très basse. (Howie 1979)
 
En raison du risque implicite de dégradation du matériel, une trace permanente sous la forme d’une photographie ou d’un dessin préalable est une part indispensable de toute collection de flore de l’Argile de Londres qui se respecte. Par la suite les spécimens peuvent être séchés et étudiés sous le microscope électronique à balayage. Les parties fracturées des parties pyritisées révèlent fréquemment une structure cellulaire détaillée, comme démontré par l’excellent travail de Wilkinson. (1981, 1983)
 
Une autre alternative est le sciage et le polissage, ce qui permet l’étude des faces en utilisant la microscopie par lumière réfléchie, comme dans le cas des fougères. (Collinson et Ribbins, 1977)
 
Pour le texte original en Anglais :
 
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Publié dans Le coin des pros

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