La découverte de fossiles : chance ou connaissance ? (1ère partie)

Publié le par Phil Fossil

 
Publié dans LITHORAMA de décembre 2006.
 
Durant mes trente années de recherches de fossiles, j’ai un nombre incroyable de fois entendu dire que j’avais une veine pas possible, que quand il y avait un beau fossile (ou minéral) c’était toujours pour moi, ça a déclenché quelques frustrations et même des jalousies profondes chez d’autres amateurs…
 
Pour découvrir les beaux fossiles, il suffit que je vous dévoile mes petits secrets car bien entendu, la chance a sa part dans la découverte de belles pièces, mais elle doit être aidée par une connaissance du terrain, un œil exercé, et ce que l’on appelle plus généralement l’expérience.
 
 
1) Tout d’abord, il faut être positif ! Il ne sert à rien de commencer à fouiller en se disant que l’on ne trouvera rien, que tout sera pour les autres. Avec un tel état d’esprit, autant rester dans la voiture et y faire une sieste. Si un beau fossile se trouve sur le site, vous avez autant de chances que les autres de le découvrir, à vous de mettre en pratique quelques trucs simples pour augmenter vos chances de ne pas revenir bredouille !
 
 
2) Une grosse erreur à ne pas commettre dans un site quel qu’il soit, est de courir comme un dératé pour passer avant les autres et essayer de découvrir la belle pièce rare. Le seul résultat que cela aura sera de vous faire louper des pièces qui sont bien visibles à la condition de prendre son temps et de vider son esprit de toutes les sources de stress et de tracas !
 
Je l’ai personnellement vécu, lors d’une sortie en Ardennes françaises nous étions arrivés deuxièmes dans la carrière mais tout juste après deux amateurs alsaciens. Sortis de leur voiture comme des excités à notre vue, ils se sont dépêchés de vérifier le front de taille à toute vitesse pour y chercher les oursins réguliers qui font la célébrité de la région ! Et ils sont bien évidemment revenus bredouilles.
 
Nous deux, par contre, avions pris le temps de nous habiller chaudement, mettre nos bottes, prendre notre équipement et d’examiner bien à l’aise, à genoux ou même assis, les tas de petits éboulis sur lesquels ils avaient marché, et dont les éléments rocheux avaient environ la taille des oursins que nous espérions y trouver. Mon compère y découvrit le plus beau et le plus grand oursin Phymechinus mirabilis que j’ai jamais vu, et personnellement je trouvai deux Hemicidaris intermedia en grattant dans les éboulis de la partie la plus ancienne de la carrière !
 
Nous nous empressâmes bien évidemment de les montrer à nos « concurrents » malheureux qui prenaient leur pique-nique dans la voiture, histoire de bien leur prouver que « rien ne sert de courir, il faut prendre son temps ». 
 
Le corollaire de la course de vitesse est que, braqué sur la compétition à outrance, parfois avec des visées pécuniaires en ligne de mire, on en oublie les règles élémentaires de sécurité ! Le nombre de paléontologues amateurs décédés lors d’accidents dus à une trop grande précipitation est important. Aucun fossile ne vaut une vie…
 
A suivre.
 
Phil "Fossil"
 
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Publié dans Le coin des débutants

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