La découverte de fossiles : chance ou connaissance ? (3ème partie)

Hemicidaris purbeckensis, Portlandien, Wimereux. Diamètre du plus grand : 40 millimètres.
5) Examiner les fossiles et toutes leurs parties avant les fouilles permet de reconnaître même un petit morceau de fossile qui affleure. N’oublions pas que l’on découvre rarement une ammonite parfaitement dégagée affleurant « à plat » ou un oursin tout nettoyé attendant sagement au sommet d’un tas de cailloux, même si cela arrive ! On découvrira dans la plupart des cas seulement une boule boueuse et grossière d’où dépassent quelques tubercules, ou un objet pierreux arrondi d’où dépassera une carène ou quelques côtes… Eventuellement seul un morceau de tour apparaîtra, le reste sera inclus verticalement dans le sédiment !
Pour les oursins, il y aura une différence de couleur, pas toujours flagrante, avec la gangue calcaire ou crayeuse ! Les oursins de l’Oxfordien des Ardennes apparaissent légèrement bleutés dans le calcaire blanc-jaune, les Echinocorys de Lixhe sont plus bleutés dans la craie grisâtre à verdâtre. Parfois la différence de couleur est quasiment imperceptible quand la roche est sèche (Boulogne-sur-Mer, Foug, où les oursins sont gris sur gris) mais dès que la roche est mouillée par le retrait de la marée ou la pluie les oursins deviennent blancs sur un fond noirâtre et « sautent » littéralement hors de la roche !
Pour cela il est fortement conseillé, avant d’aller refaire un site que vous avez déjà visité, d’examiner soigneusement les trouvailles de la visite précédente afin de se remettre en tête les détails de chaque type de fossile. Bien les tourner sous tous les angles pour les observer, l’on ne sait jamais quelle partie du fossile dépassera de la roche.
La plupart des collectionneurs mémorisent l’objet (une ammonite dans ce cas-ci) dans son intégralité et posé à plat, mais quand il est sale, apparaît sur sa tranche ou de manière très fragmentaire ils ne le verront pas. Ils sont visiblement influencés par les ouvrages de vulgarisation, montrant de superbes fossiles tout dégagés et préparés ! On ne les trouve quasiment jamais dans cet état sur le terrain…
D’autre part, visiter un site sans préparation préalable, s’y lancer l’ « esprit vide », permet de ne pas avoir d’idée préconçue et de trouver des choses auxquelles on ne s’attendrait pas à priori ! Si l’on visite un site à ammonites en se braquant sur celles-ci, on risque fort de passer à côté des oursins, éponges, coraux, bois fossilisé, ossements de reptiles ou restes de poissons fossiles qui peuvent s’y trouver également.
Les fossiles peuvent être encroûtés de petites huîtres ou de tubes de vers marins. Un amas de ces derniers peut cacher une ammonite de grande taille, par exemple aux Vaches-Noires, ou un grand oursin Clypeus près de Pont-à-Mousson.
La préparation des spécimens, en les dégageant petit bout par petit bout, aide énormément à bien mémoriser les détails minuscules des fossiles, ce qui les rendra d’autant plus faciles à repérer sur le terrain par après.
A suivre... Merci de me laisser des commentaires !
Phil "Fossil"
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